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23 novembre 2015 - Discours Fête nationale

Merci Monsieur le Directeur pour votre remarquable intervention ; sachez que je suis très heureux que vous ayez pu faire le déplacement, malgré votre emploi du temps chargé, afin de signer cette charte, et d’assister à notre célébration.

 

Je voudrais, en même temps, dire toute ma gratitude à notre ami, Rushdi Hajjar, qui s’est cordialement proposé pour préparer un discours liminaire, minutieusement élaboré, et parfaitement documenté.  Les mots aimables que vous avez utilisés à l’endroit du consulat et à mon endroit m’ont énormément touché. 



Monseigneur,

Excellences,

Honorables invités, 

Chers compatriotes,

Amis du Liban, 


Bonsoir et Bienvenus ! AHLAN wa Sahlan !


Mon épouse et moi,  sommes honorés et comblés de votre présence avec nous ce soir.  Ensemble,  nous allons commémorer la 72ème  anniversaire  de l’Indépendance du Liban ! 

Mon message ce soir ne vous retiendra pas aussi longtemps que d’habitude,  car le programme qui suit vaut mieux qu’un long discours pour  illustrer l’Esprit libanais que j’ai voulu mettre sous le feu des projecteurs, et honorer, au cours de cette célébration.

 

Synthèse de plusieurs millénaires de brassage de civilisations, de races et de religions, l’Esprit libanais est aujourd’hui synonyme de diversité,  d’ouverture et de tolérance.

Il a façonné une identité assoiffée de connaissance ;  passionnée d’art et de culture ; éprise de justice et de liberté. 


Esprit singulier ;  de compétence diverse et variée, il a toujours frappé celles et ceux qui se rendent au Liban ainsi que les populations qui accueillent sa diaspora et ses ressortissants.  


Aussi, ai-je souhaité, qu’en cet instant de grande convivialité,  cher au cœur des Libanais de Monaco, vous puissiez découvrir ou redécouvrir cet esprit,  à travers la création artistique libanaise, dans les domaines de la Musique, de la Photographie et  de la Gastronomie, puisque l’occasion de la fête nationale s’y prête parfaitement. 


Ainsi, au plaisir des yeux, face aux inoubliables clichés du jeune photographe, Clément Tannouri,  et à celui du palais, avec la délicieuse cuisine d’Oliban de Mike Nassar,   viendra, tout à l’heure, s’ajouter l’enchantement des oreilles avec la belle musique composée par Jean-Marie Riachi. 


Mais ça, c’est pour tout à l’heure !


Monseigneur, Mesdames et Messieurs, 


Il y a deux raisons à notre présence dans ce bâtiment emblématique de la Principauté ce soir.


La premièreprocède du choix thématique retenu pour cette commémoration. 

En effet, j’ai considéré que ce haut lieu de la science, de la culture et de l’art, constituerait une caisse de résonnance, sans pareille,  pour l’expression artistique au programme, d’une part ; et pour l’annonce officielle de soutien de la communauté libanaise à l’un des plus prestigieux établissements d’enseignement français, d’autre part. 


La seconde raison est plus personnelle, elle tient au fait que Robert Calcagno et son équipe ont toujours porté une attention particulière au Liban et aux Libanais de Monaco.


Comme en 2011, le Musée Océanographique sera, le temps de cette rencontre,  l’écrin d’une précieuse amitié qui lie les Libanais et la population monégasque. 


Et à l’image des précédentes, cette soirée laissera dans notre mémoire le souvenir d’une belle fraternité libano-monégasque ; célébrée par la participation nombreuse des autres communautés, et honorée par Votre présence Altesse,  à nos côtés. 


Il y quelques minutes,  était signée la Charte de partenariat entre le consulat, représentant la communauté Libanaise à Monaco, et le Campus de Sciences Po à Menton, représenté par le directeur de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris, Frédéric Mion, à qui je veux rendre hommage pour l’ambition qu’il nourrit à son prestigieux établissement.  

La place qu’occupe aujourd’hui  Sciences Po dans les classements internationaux donne raison à votre action, Monsieur le directeur !


L’accord que nous venons d’entériner, en plus d’être révélateur du potentiel d’excellence de la jeunesse libanaise, désireuse de savoir et prometteuse d’un avenir meilleur pour le pays, illustre la volonté d’ouverture de Sciences Po en direction du Liban, et la vocation du consulat à créer des opportunités pour sa population.  Et c’est d’éducation et de culture qu’il est question cette fois, avec ce partenariat.


Un partenariat qui, sans le talent et la contribution de Bernard El-Ghoul, jeune et dynamique directeur du Campus de Menton, et de mon ami Élie Bardawil, n’aurait jamais pu voir le jour. Mille mercis de votre aide Bernard et Élie !  


Parlant du campus de Menton, j’aimerais saluer les 12 jeunes étudiants libanais accompagnant leur directeur, venus se joindre aux jeunes d’ici. À cette jeunesse prometteuse, je voudrais dire que la fête nationale n’est pas seulement un rite, un cérémonial froid et désuet.  C’est avant tout un moment de rassemblement et d’union, au delà de tous les clivages, et il faut que tous les jeunes y viennent,  et qu’ils puissent voir, entendre et comprendre le sens de cette communion nationale, et véhiculer vers l’avenir les hérédités profondes, les valeurs et la mémoire du pays. 


Mon dernier mot au sujet de Future Leaders Scholarship, qui vient de se concrétiser par la signature du partenariat avec Sciences Po, j’aimerais l’adresser à la communauté libanaise de Monaco,  pour la féliciter de l’aboutissement de ce projet, germé en son sein, et dont le but est de former les futurs dirigeants du Liban. 

Sachez que le consulat du Liban est, dès à présent, mobilisé pour assurer le succès de cette initiative audacieuse, qui continue et continuera d’avoir besoin de votre générosité  et de votre soutien afin de tenir ses engagements et de perdurer. 


Cela me permet de faire la transition vers le consulat et vers mon activité de consul,  et  compléter, très brièvement, ce qui a été dit par M. Hajjar. 

Oui ! Vingt années se sont écoulées depuis ma nomination par le gouvernement libanais et acceptée par feu le prince Rainier III, un grand ami du Liban.

 

Tout au long de ces nombreuses années, beaucoup de choses ont changé ; dans ma vie privée comme dans ma vie professionnelle, ou dans ma charge officielle. Mais il y a une chose qui est restée intacte. C’est cet infini sentiment d’honneur et de bonheur que je ressens, représentant et servant le Liban à Monaco. Liban qui est en moi.  Et Monaco qui a façonné ce que sont aujourd’hui mes 4 enfants.

Inchallah que demain sera encore plus exaltant qu’hier !

Puisse toute la sollicitude dont vous me témoignez, Altesse ;  et puisse toute la bienveillance que vous m’apportez, chers compatriotes, m’inspirer des actions encore plus ambitieuses pour le bien de notre communauté, et pour la consolidation de l’amitié entre le Liban et la Principauté. 


Bien que le moment et l’occasion ne s’y prêtent peut-être pas, permettez-moi, Monseigneur, d’avoir ce soir plus d’une pensée émue.  

Une pensée pour toutes ces familles, ces femmes, ces hommes, ces enfants jetés sur les routes tortueuses de l’indifférence, de la souffrance et de la désespérance. 

Des malheureux exilés qu’on qualifie, tantôt de réfugiés, tantôt d’immigrés, tantôt de migrants,…Mais qui ne sont en vérité que des laissés pour compte, des victimes innocentes des luttes d’intérêts entre nations. 


Le Liban, avec l’empathie qui caractérise sa population, accueille aujourd’hui plus d’Un million et demi de déplacés, essentiellement des Syriens, des Irakiens, et des Palestiniens, abandonnant terres et biens pour y trouver refuge,  et fuir les zones de combats et d’occupations.

Une communauté durement éprouvée, représentant désormais plus du tiers des habitants du pays du Cèdre. 


Que d’autres pays plus grands,  que d’autres sociétés plus riches  et mieux structurées, se prévalant du respect absolu des droits de l’Homme, en prennent des fois exemple ! 


Il y a 11 jours tombaient Ali, Mahmoud, Leila, Adel et 40 autres innocents,  fauchés par un sanglant et incompréhensible attentat terroriste à Beyrouth

Il y a 10 jours tombaient  Elodie, Guillaume, Nicolas, Halima, Gregory, Hoda, François,  Djamila, avec 121 autres innocents, assassinés par les balles d’abjects terroristes à Paris. 

Et, il y a 4 jours, le Mali subissait le même sort tragique. 

Trois actes successifs d’une même pièce barbare qui s’est jouée entre le Liban, la France et le Mali ;  plongeant leurs populations dans le chagrin et la stupeur. 

Vers toutes ces âmes innocentes, vers leurs familles endeuillées et éplorées, vont aussi, ce soir, mes pensées.


Devant la peur et le pessimisme ambiants que font peser ces attentats, pas seulement sur la France et le Liban, mais sur l’ensemble des pays, et sur les sociétés musulmanes en particulier, il faut savoir raison garder. 

La barbarie que l’on voyait à la télévision, qu’on lisait dans les journaux, a dévastée la semaine dernière les rues de Beyrouth en même temps que les cafés, les théâtres et les stades de France.


Mais cela n’y changera rien !  Et surtout pas notre inflexible détermination face à l’obscurantisme des extrémistes. Nous continuerons de croire aux valeurs de liberté, de tolérance et de démocratie. Et nous continuerons surtout à vivre, sortir et aimer !

 

« Pour agir contre cette inhumanité qui conduit au néant, la société doit être en mesure de se défendre mais, elle doit susciter, en elle, un sursaut moral et spirituel salvateur ».  Ces mots sont de Mgr Barsi. Nous nous y conformerons !


Je vais à présent quitter la brutalité de l’actualité et revenir,  le temps d’une brève conclusion,  dans cette oasis de lumière, de paix et de bonheur, que constitue cet espace monégasque qui rassemble tant d’amitiés, et tant de valeurs.  


Pour dire : 

Merci au Souverain, 

Merci aux Monégasques 

Merci à mes compatriotes, et aux amis des Libanais,


Merci à M. Nassar pour s’être gracieusement chargé de fournir si généreusement  le cocktail ;  

à Clément Tannouri pour les impressionnantes photos sur le Liban.

Merci  aussi à Jean Marie Riachi qui va porter, à travers ses belles mélodies, la voix de notre pays à Monaco. 


Et pour terminer, je vous laisse ces quelques mots à méditer. Ils parlent de mon pays et d’indépendance. Les voici:

“Liban amour sans cesse

Liban dessine la joie et le sourire sur notre visage

Liban c’est un mot désignant la paix, la diversité, l’unité, l’indépendance,

Le Cèdre sur ses montagnes protège ses plages significant la résistance 

Ce jour nous unit 

C’est notre independence 

C’est notre pays

Notre magnifique Liban.”


Vive le Liban et vive Monaco


Merci et excellente soirée. 

 
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